Les transports doux

Pourquoi les tramways réinvestissent les villes françaises ?

Dans un monde plus que jamais en mouvement, les transports se retrouvent au centre des pratiques. Et ce, alors même que de nouvelles contraintes liées à leurs impacts sur l’environnement ainsi qu’à leur durabilité émergent dans l’espace public. Entre innovations permettant de recourir à des moyens de transport plus verts et réinvestissements des solutions d’hier laissées de côté, toutes les options sont bonnes à exploiter. Raison pour laquelle les bons vieux tramways refleurissent dans le paysage de nombreuses villes françaises. Décryptage d’un heureux come-back.

Moins énergivore que tous les autres

Les chiffres évoquant les consommations en électricité par place pour différents moyens de transport, venant de chez EDF, parlent d’eux-mêmes. Un bus GNV en consomme 92,00 Wh, un bus diesel 71,00 Wh et un trolleybus 25 Wh. Le tramway, tram pour les intimes, réalise la belle performance de 23,50 Wh. À l’heure où la diminution du recours aux produits pétroliers et une urgence environnementale constituent des priorités de niveau mondial, le tramway monte au créneau avec des arguments qui séduisent. En plus de dynamiser les aires urbaines où l’on a implanté de nouveaux réseaux, le tramway est ridiculement bon marché par rapport à d’autres options comme le métro. Il faut tout juste compter 30 millions d’euros pour construire 1 km de ligne de tram quand le métro requiert la bagatelle de 80 millions d’euros pour la même unité de distance. L’infrastructure a l’avantage de s’insérer facilement dans le paysage urbain, tout en offrant la même régularité et la même capacité que le métro.

Transfert de conviction depuis la sphère des politiques

Alors que c’est l’avènement de l’automobile qui a finalement détrôné ce transport phare ayant marqué de nombreuses décennies entre le 19e siècle et les années 30, jusqu’au milieu des années 50, ce sont les problématiques soulevées par la même automobile qui propulsent, à nouveau, le tramway sur le devant de la scène. Les politiques, à la recherche de solutions de compromis, sont tombés sur une véritable aubaine. L’infrastructure répond aussi bien à la nécessité de mettre à disposition un réseau de transport urbain fiable, rapide et pouvant assurer une desserte élargie qu’à l’urgence d’une refonte des offres de services municipaux, visant des prestations plus vertes. Le tramway constitue, en effet, un excellent système tampon contre les engorgements et autres émissions préoccupants des voitures. Face à ses pairs transports collectifs, il se défend clairement en termes d’économie, tant dans les investissements que dans les frais d’exploitation. Toujours du côté des politiques, la relance économique promise par le retour de la filière construction est abattue comme l’atout ultime de ce retour aux sources. Une mise qui convainc puisque le modèle à plancher bas lancé à Nantes par Alstom est devenu le standard.

Instant d’émoi du côté des usagers

Outre la recherche de moyen pour maintenir un service à bord aussi satisfaisant que possible, l’univers des tramways français est fortement marqué par la course au design le plus attractif. Nantes, qui brillait pendant un temps par l’aspect légèrement vieillissant de ses équipements – ce qui était assez normal puisque c’est la ville qui s’y est remise en premier, il y a 30 ans – n’est pas peu fière des allures affichées par sa nouvelle ligne de rame, prévue en 2022. Capacité élargie, courbes futuristes bercées par un ton sombre des flancs, une carrosserie à la rutilance sublimée, de larges baies vitrées, un nez-cabine plat, wi-fi et ports USB à bord… tout dans ce nouveau design respire la modernité et la légèreté. Ailleurs, l’on déploie des esthétiques signées de grands couturiers comme Lacroix pour Montpellier, épurées et sobres comme à Angers, ou piquant des détails aéronautiques comme à Toulouse. Pour le passager, le tramway représente un objet technique qui mérite un regain d’intérêt certain. Premiers arguments de la bête, qui font mouche chez les usagers en mal de transport plus doux, sa faible consommation énergétique et un niveau de pollution sonore et atmosphérique dérisoire. Puis viennent d’autres atours méritant encore l’attention comme la compacité, le côté PMR-friendly, le gain de temps réalisé en trajet sur voirie urbaine, ou encore le site propre garant de la régularité. Perçu comme un assez bon élève des transports par de plus en plus de citadins, le tramway porte leur rêve d’une ville toujours aussi mobile, mais plus durable.

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